En cherchant un film d’horreur sorti en 2014, les internautes tombent sur le chef-d’œuvre de 1969. Et pour cause : "The Pool" (ou "De Poel"), thriller néerlandais, est intitulé "La Piscine" dans sa version française. La coïncidence est cocasse, mais elle est surtout l’occasion de redécouvrir le film culte de Jacques Deray. Lequel, racontant l’histoire d’un couple (Alain Delon et Romy Schneider) dont la quiétude est troublée par l’arrivée d’un ancien amant (Maurice Ronet) et de sa fille (Jane Birkin), est un chef-d'œuvre de tensions larvées, de jalousies destructrices et de faux-semblants. Le tout sur fond de villa moderniste à Saint-Tropez, dont les murs transpirent encore la tension électrique entre Delon et Schneider. Un film devenu icône pop, tant par ses tenues légendaires que par sa bande-son signée Michel Legrand. Remakes et faux amis se multiplient (notamment "A Bigger Splash" de Luca Guadagnino et "Swimming Pool" de François Ozon), mais l’original est indétrônable. Alors, vous laisserez-vous tenter par un bain de sang dans une forêt néerlandaise, ou par un cocktail au bord de l'eau qui tourne au vinaigre ?
La Piscine (2014) : thriller d'horreur souvent confondu avec le film culte de 1969 🤫
Un camping qui tourne au cauchemar : synopsis de "The Pool"
On annonce la couleur d’emblée : si vous pensiez (par naïveté ou simple fatigue Google) tomber sur un drame solaire à la Delon, préparez-vous à l’humidité froide de l’épouvante. Ce fameux "La Piscine" version 2014 n’est autre que "De Poel", une production néerlandaise qui suinte plus la vase que le glamour.
Deux familles en mal d’aventure décident d’aller camper illégalement dans une forêt néerlandaise, et plantent leur tente près d’un étang isolé. Rapidement, l’ambiance paisible vire au malaise : rêves étranges, atmosphère délétère, et descente progressive vers la folie. On est loin des apéros rosé-piscine sous le soleil tropézien.
Qui cherche le chic finit parfois les pieds dans la boue…
Fiche anti-glamour express :
- Titre original : De Poel (The Pool)
- Réalisateur : Chris W. Mitchell
- Année : 2014
- Genre : Épouvante-horreur psychologique
- Pays : Pays-Bas
Casting et personnages : plongée dans ces eaux troubles
| Acteur | Rôle |
|---|---|
| Gijs Scholten van Aschat | Lennaert |
| Carine Crutzen | Sylke |
| Bart Klever | Rob |
Ce trio incarne surtout l’anonymat du cinéma de genre européen. Les retrouverez-vous sur la Croisette ? Peu probable, mais ils savent manier la pagaie.
Où voir ce film aujourd'hui ?
Pour ceux que la curiosité – ou un goût certain pour le malaise – pousse à vérifier par eux-mêmes, "De Poel" se trouve en streaming sur certaines plateformes comme Fandango at Home ou Tubi TV (souvent gratuitement, avec pubs), et parfois sur DVD import. Sur Amazon Prime Video ? Oui, mais attention à ne pas confondre avec un autre "The Pool" thaïlandais (oui, c’est le chaos total).
Si l’envie vous prend malgré tout... ne dites pas qu’on ne vous avait pas prévenus. Mais entre nous, votre temps n’est-il pas plus précieux ?
L'autre "Piscine" : le drame culte de 1969 qui domine les recherches ☀️
Désir et jalousie à Saint-Tropez : récit d’un été brûlant
Attention, on change d’univers – laissez tomber les bois humides néerlandais, place à la splendeur crue de la Côte d’Azur. La Piscine de Jacques Deray, c’est avant tout une atmosphère : le soleil qui écrase la villa blanche, l’eau turquoise qui miroite et des corps bronzés qui s’effleurent plus qu’ils ne se parlent. Jean-Paul (Alain Delon) et Marianne (Romy Schneider) savourent leur tranquillité dans une villa luxueuse surplombant Saint-Tropez. Couple solaire mais fragile, ils croient pouvoir s’isoler du monde… jusqu’à ce que surgissent Harry (Maurice Ronet), l’ex-amant flamboyant de Marianne, accompagné de sa fille Pénélope (Jane Birkin), jeune apparition angélique et diablement intrigante.
Un huis clos torride se joue entre ces quatre personnages où chaque regard en dit long. Harry parade avec sa Maserati Ghibli, Marianne oscille entre deux hommes, Jean-Paul est envahi par une jalousie dévorante, et Pénélope, sous ses airs innocents, navigue dans ces eaux troubles. Soirées alcoolisées, jeux de séduction et provocations à fleur de peau… La tension autour du bassin bleu azur ne cesse de croître, jusqu’au drame inévitable.
Alain Delon et Romy Schneider : un couple mythique reflet d'une passion destructrice
On pourrait parler cinéma toute la nuit mais il serait presque malhonnête d’évoquer La Piscine sans rappeler le contexte people qui enflamme chaque plan. Delon et Schneider n’étaient plus ensemble depuis cinq ans lors du tournage à Ramatuelle en 1968. Pourtant, leur histoire flotte littéralement au-dessus de la piscine comme un parfum entêtant : regards brûlants et silences assassins rivalisent d’intensité devant la caméra. C’est parce que ce n’était pas seulement du jeu.
"Tu sais ce qu'il y a de pire dans la jalousie ? C'est qu'elle ne s'arrête jamais."
Sur le plateau, leur complicité amuse autant qu’elle bouleverse l’équipe technique ; chaque geste semble rejouer la rupture passée du couple mythique du cinéma européen (source). On se demande encore aujourd’hui : jouaient-ils vraiment un rôle ou réglaient-ils leurs comptes sous nos yeux ? Leur passion réelle – terminée mais jamais vraiment éteinte – confère au film une puissance émotionnelle rare.
Ce film, icône de la mode et du cinéma
La Piscine n’est pas seulement un drame psychologique : c’est un manifeste esthétique, une ode nostalgique à l’élégance des sixties. Les tenues minimalistes signées André Courrèges portées par Romy Schneider font d’elle une icône mode ; Maurice Ronet illumine l’écran avec sa décapotable italienne ; Jane Birkin incarne un chic effortless international.
La photographie étouffante de Jean-Jacques Tarbès fige les corps moites dans des plans quasi publicitaires, sans jamais sombrer dans la vulgarité. La bande-son inoubliable de Michel Legrand enveloppe le film d’un voile languide et persistant.
Les ingrédients du mythe :
- L’alchimie Delon/Schneider : unique et inimitable.
- L’esthétique pop des années 60 : maillots blancs immaculés, lunettes oversized, minijupes structurées.
- Le décor comme personnage : la villa moderniste et sa piscine hypnotique, aussi célèbres que leurs habitants.
- La bande-son de Michel Legrand : mélancolie chic assurée.
- Un symbole de la langueur estivale : oisiveté trompeuse où se cache un serpent sous le jasmin.
Cette capsule temporelle où tout respire l’ambiguïté raffinée est difficile à ignorer. Existe-t-il un autre film où même l’eau semble receler des secrets inavouables ?
La villa de Ramatuelle : véritable star du film de 1969
L'Oumède : personnage de béton et d'eau au cœur de l'intrigue
Oubliez les décors factices et les villas interchangeables d’Instagram : dans La Piscine, la villa L’Oumède à Ramatuelle, perchée sur les hauteurs brûlantes de Saint-Tropez, impose une aura unique. Véritable joyau moderniste des années 60, elle présente des lignes pures, d’immenses baies vitrées ouvertes sur le maquis et, bien sûr, sa piscine rectangulaire qui attire tous les regards. Le béton dialogue avec la lumière, chaque ombre projetée sur l’eau semble annoncer une catastrophe imminente.
Ce n’est pas un simple décor : c’est l’épicentre du huis clos où s’échauffent désirs inavoués, jalousies tenaces et secrets prêts à éclabousser tous. Les murs ont entendu bien des non-dits, la piscine a vu plus de drames que certaines scènes d’opéra... N’est-elle pas finalement la véritable héroïne du film ? Entre deux plongeons, c’est elle qui recueille toutes les vérités trop lourdes à porter.
Un lieu de tournage devenu un pèlerinage pour cinéphiles
Si vous rêvez d’y organiser votre propre drame sentimental au bord du bassin, sachez que L’Oumède est une propriété privée – inutile donc de préparer serviette ou maillot vintage (source : Habitually Chic). Cette inaccessibilité ajoute à sa légende : la villa fascine autant qu’elle frustre, nourrissant le mythe auprès des cinéphiles du monde entier.
Au fil des années, elle est devenue un fantasme architectural, objet d’un culte secret pour ceux qui vénèrent l’élégance azuréenne et les drames feutrés sous le soleil. Un simple plan sur cette piscine évoque mille images : Delon allongé au soleil, Romy Schneider déambulant pieds nus… Qui n’a jamais rêvé d’y croiser ces fantômes glamour et fatals ? Si ce lieu a capturé tant de passions devant la caméra, imaginez ce qu’il pourrait faire avec vos propres secrets…
Remakes et faux amis : autres plongeons cinématographiques à connaître
"A Bigger Splash" (2015) : remake rock'n'roll avec Tilda Swinton
L’héritage de La Piscine passe aussi par sa relecture contemporaine signée Luca Guadagnino. A Bigger Splash (2015) transpose les tensions brûlantes de Saint-Tropez sous le soleil sicilien, dans une version plus électrique et déjantée. La rock star Marianne (Tilda Swinton) et son amant Paul (Matthias Schoenaerts) voient débarquer le volcanique Harry (Ralph Fiennes) et sa fille Penelope (Dakota Johnson) pour un huis clos moite, secoué par sexe, rock et provocations.
Le casting quatre étoiles est à la hauteur du mythe : Swinton irradie, Fiennes déborde, Dakota Johnson incarne une ingénue dangereuse. Beau, sensuel, pop… Malgré l’audace visuelle et la fièvre du récit (source), recréer la foudre dans une bouteille reste un défi. L’original des années 60 conserve une longueur d’avance.
"Swimming Pool" (2003) : un faux ami signé François Ozon
La confusion culmine avec Swimming Pool de François Ozon. Son titre aguicheur, sa villa provençale ensoleillée… Tout prête à l’ambiguïté avec le film de Deray. Pourtant, Ozon propose un thriller psychologique à part entière. Charlotte Rampling incarne une romancière anglaise en panne d’inspiration, dont le séjour est bouleversé par l’apparition d’une jeune femme trouble (Ludivine Sagnier).
Ici, pas de drame amoureux ni de joute Delon/Schneider : on nage dans l’inconscient, l’ambiguïté narrative et les doubles fonds. Preuve que toutes les piscines du cinéma ne mènent pas à Saint-Tropez… Et si cette confusion était le meilleur prétexte pour replonger dans le seul bain qui compte vraiment ?
Choisir sa "Piscine" pour la soirée
Le choix est simple mais difficile. D’un côté, le bain de minuit angoissant de De Poel (alias La Piscine 2014) : camping sauvage, vase inquiétante, casting oublié avant la fin, frissons garantis – mais pas forcément mémorables. De l’autre, le chef-d’œuvre hypnotique de Jacques Deray, où chaque rayon de soleil sur Delon ou Schneider évoque la dolce vita décadente, avec un suspense plus subtil qu’un simple croque-mitaine.
- "La Piscine" (2014) : pour une soirée d'horreur sans prétention.
- "La Piscine" (1969) : pour un chef-d'œuvre de tension psychologique et de glamour intemporel.
Préférez-vous l’oubli anesthésiant d’un film d’épouvante générique ou le vertige doux-amer d’un drame où tout – jusqu’au moindre reflet dans la piscine – respire la légende ? Qui aurait cru qu’un titre ambigu puisse ouvrir les portes du grand cinéma ? Ce soir… bain trouble ou icône éternelle ?
