LE FOSSÉ 

Jiabiangou | de WANG BING | Long métrage | 2010 | Hong Kong-France-Belgique | 112 min | couleur

Synopsis

A la fin des années 1950, le gouvernement chinois envoie des milliers d'hommes, considérés comme de droite en raison de leur passé ou de leurs critiques à l'égard du Parti communiste, dans des camps de travaux forcés. Déportés pour être rééduqués dans le nord-ouest du pays, au milieu du désert de Gobi et à des milliers de kilomètres de leurs familles, ils sont confrontés à un dénuement total. Face au travail physique, au manque de nourriture et au climat rigoureux, un grand nombre d'entre eux meurent. Le fossé raconte leur destin - l'extrême de la condition humaine.

Scénario/Réalisation : Wang Bing
Based on the book Goodbye, Jiabiangou, by Yang Xianhui
Direction de la photo : Lu Sheng
Décors : Benjamin Padero, Carlo Tabije
Son : Pierre Gamet, Hélène Le Morvan, Emmanuel Croset
Montage : Marie-Hélène Dozo
Montage son : Gilles Laurent, Valérie Ledocte, Fu Kang
Direction de production : Zhang Fuli
Costumes : Wang Fuzheng
Mixage : Michel Schillings

 

Distribution : LU Ye, LIAN Renjun, XU Cenzi, YANG Haoyu, CHENG Zhengwu, JING Niansong, with the special contribution of LI Xiangnian.


Producteurs : Wang, K Lihong, Hui Mao, Philippe Avril, Francisco Villa-Lobos, Sébastien Delloye, Diana Elbaum

Coproduction exécutive : Les Films de l’Étranger (France), WIL Productions (Hong Kong)
Coproduction : Entre Chien et Loup (Belgium).
Avec la participation de Arte France et en association avec Wild Bunch.
Aides au développement : Cinefondation, Cannes IFFF (Atelier Résidence), CineMart / ARTE France Cinema Award, Fondation Groupama Gan pour le cinéma , Hubert Bals Fund, PPP (Pusan International Film Festival).
Aides à la production : South Fund CInema (CNC, Ministry for European and Foreign Affairs), Alsace Region, Audiovisual and Cinema Centre, French Belgian Community and wallonian teledistributors, Strasbourg urban Community.

FICHE ARTISTIQUE

& TECHNIQUE

FESTIVALS

&

PRIX

Festival de Venise 2010 - Compétition
Toronto International Film Festival 2010 - Visions Program
Abu Dhabi Film Festival 2010
Busan International Film Festival 2010
Festival du Nouveau Cinéma de Montréal 2010
Sao Paulo Mostra Internacional de Cinema 2010
Stockholm Film Festival 2010
Las Palmas de Gran Canaria International Film Festival 2011:
Prix du Public, Prix SIGNIS, Prix Spécial du Jury

Kinema Junpo Awards 2012: Meilleur réalisateur d'un film étranger

LIENS

Ventes mondiales : Wild Bunch

Distribution France : Capricci Films. Sortie : 8 mars 2012.
Édition DVD : Capricci Films. automne 2012.

À PROPOS DU FILM

Un désert et des grottes éclairées par les contre-jours de La Prisonnière du désert, un morceau inconnu de l'histoire de la conquête du Nord-Ouest de la Chine : sa couleur est doublement fordienne. On remarque que l'œuvre de Wang Bing, prise dans son ensemble, respire peut-être la même ambition qui guida Ford : raconter, film après film, l'Histoire de la conquête de son immense pays. Sa transformation vers le capitalisme, de la révolution jusqu'à nos jours. C'est raconter une déconstruction au sens de Derrida : jamais un simple construire, jamais un simple effacer. À chaque étape du processus, la coexistence de deux pôles. Effacement et construction des modes de production non moins que des modes d'existence.
Au-delà de ces croisements, le film existe pour lui même, dans une tierce distance par rapport à son objet. Ce n'est pas la distance que Wang Bing adoptait vis-à-vis de la parole de Fenming. Ni celle trouvée en filmant les gestes de L'Homme sans nom. C'est une distance beaucoup plus cinématographique. Il filme ici des fantômes. Des êtres qui existent peu en tant que vivants, comme des ombres dans le désert, et qui se matérialisent, prennent corps, en passant dans la mort. (…) Les seules choses qui aient survécu au camp sont ces cadavres que la sécheresse du désert a parfaitement conservés durant cinquante ans. Mais la vérité de ces cadavres est dans la vie de ceux qui, vivants, se sont effacés. C'est cet effacement que le film nous fait voir. Comment, lorsqu'ils mangent un rat ou des arbustes ou du vomi, ils ne sont pas en train de survivre, mais de donner vie à leur propre mort. Il faut mourir pour le cadavre, disait Hegel. Cette expression obscure devient claire ici. Les personnages du Fossé achèvent, avec la mort, l'œuvre de toute une vie ; vie qui tend à la fois à l'effacement de leur existence civile et la création de leur cadavre anonyme.
(Eugenio Renzi, Rue 89)

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